l’Arpajonnais, tramway qui a circulé sur la RN20 de 1894 à 1937
Le 16 février dernier, le Conseil départemental a approuvé le bilan de la consultation publique qui a été ouverte entre le 17 juin et le 18 juillet 2025. ( voir délibération CP-2026-021 et document de bilan )
Le dossier de consultation est toujours en ligne et il est toujours possible d’apporter des remarques ( voir ici)
Nous en parlions, dans notre Edito mai-juin 2025 : revoilà le PPA RN20 ! | Bien Vivre à la Ville du Bois.
Les aspects positifs
- Le document de bilan s’efforce de formaliser l’ensemble des remarques exprimées et des réponses du Conseil départemental y sont rédigées.
- Il est prévu d’uniformiser la vitesse à 50 km/h sur l’ensemble de la portion Linas- Ballainvilliers. Cette mesure appliquée au périphérique parisien depuis octobre 2024 a eu pour conséquence d’y diminuer significativement le bruit perçu par les riverains, de réduire les embouteillages, ainsi que le nombre d’accidents (voir bilans 2024 et 2025 de bruitparif, bilan publié par la Ville de Paris , étude APUR 2025), espérons qu’il en sera de même sur la RN20.
- A notre remarque sur l’absence de végétalisation représentée à la hauteur de La Ville-du-Bois :
“Concernant le PLU de La Ville-du-Bois plusieurs administrations territoriales ont fait remarquer qu’il fallait végétaliser les abords de la RN20. Aussi sommes-nous surpris de constater que très peu de plantations sont prévues près des immeubles identifiés par l‘Institut Paris Région comme des îlots de chaleur urbains et zone de carence en espaces verts :
il a été répondu que la végétaliation concernerait l’ensemble de la portion étudiée.
- Les diverses interrogations sur la gestion des eaux usées et des eau pluviales semblent être prises en compte.
- La sécurisation de ce tronçon routier est une des priorités annoncées.
Nombre d’avis exprimés
Dans une première partie sont présentés comme éléments clés le décompte des avis exprimés et des rencontres réalisées. En additionnant les contributions déposées sur les registres papier et numérique, les avis exprimés et les questionaires complétés, on arrive à un total de 1287 avis exprimés.
Sachant que sur les communes impliquées dans le partenariat RN20, le nombre total de ménages recensés par l’INSEE en 2022 était de 97 964 (voir statistiques locales INSEE ), cela représente un taux de réponse de l’ordre de 1,3%. Il n’y a pas vraiment de quoi revendiquer le succès d’une démocratie participative !
Mettre en oeuvre une réelle concertation sur un tel projet est un vrai défi que les élus successifs du territoire ne se sont jamais donné les moyens de relever.
Avoir proposé pour avis des documents techniques complexes sur un délai d’un mois constitue une caricature de démocratie.
Il serait intéressant de disposer d’une mise à jour des données de mobilité publiées en 2023 par l’insee à partir des données du recensement de 2020.
Une étude régionale sur la mobilité des franciliens a été publiée par l’institut Paris Région en avril 2024 issues de données recueillies entre octobre 2022 et avril 2023, mais l’exploitation présentée est trop macroscopique pour être utile à la compréhension des usages de l’axe RN20.
Or il est indispensable de mieux comprendre les usages : quelle est la proportion du flux de transit ? D’où partent les usagers ? Pour aller où ? Quel est leur profil sociologique ? Quel moyen de transport privilégient-ils?
L’enquête réalisée dans le cadre de la consultation n’a pas une trés grande valeur statistique : 639 questionnaires complétés à comparer avec un flux de plus de 50 000 véhicules/jour, 2,3 millions par an de voyageurs transitant sur ce tronçon par les lignes de bus 91.14, 91.15 et 45.03, et environ 98 000 foyers sur les communes limitrophes.
Planification
Dans la deuxième partie du bilan, intitulée “Le projet en bref”, nous apprenons que les travaux commenceront au mieux en 2029.
Si nous mettons en perspective les étapes du projet depuis les assises de la RN20 qui se sont tenues en octobre 2006 sous l’égide de Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que les travaux du Grand Paris réalisés pendant ce temps, nous ne pouvons que nous désoler de l’abandon dans lequel est laissé notre territoire.
Cela fait des décennies que cela dure et il est difficile de se projeter positivement .
Voir en lien ici l’exposé qui avait été réalisé par Jean-Pierre Gauché en octobre 2006.
Pendant ce temps la population a augmenté : l’historique de démographie par commune disponible le site de l’INSEE jusqu’en 2023 permet de calculer l’évolution de population par commune entre 2006 et 2023 pour les 27 communes concernées par le PPA RN20. Sur la carte ci-dessous visualisez cette variation en passant la souris sur une des communes colorées.
Au total, ce sont 38 992 habitants supplémentaires qui sont comptabilisés sur ces 27 communes.
Sur les communes du tronçon Linas-Longjumeau (Linas, Montlhéry, Longpont, La Ville-du-Bois, Balainvilliers, Saulx-les-Chartreux, Longjumeau), ce sont 10 684 habitants supplémentaires.
Financement
Voici ce que nous écrivions il y a environ 1 an dans notre Edito mai-juin 2025 : revoilà le PPA RN20 ! | Bien Vivre à la Ville du Bois :
Une autre inconnue : le financement.
En mars 2023, le Conseil départemental de l’Essonne annonçait un budget de 27 millions d’Euros pour les 58 actions prévues. Nous avions dénombré d’après le Contrat de Partenariat diffusé par la CPS qu’en mai 2022, 24,53 millions d’Euros étaient prévus pour 7 actions, dont 8,4 millions pour l’aménagement du carrefour de la Route de Chasse dont nous n’entendons plus parler. (voir notre édito de mars 2023). Aujourd’hui on parle de 50 millions d’Euros, toujours pour 58 actions. Nous sommes donc un peu perdus.
Et voici ce qu’on peut lire dans le bilan de consultation :
Nous n’y voyons décidément pas plus clair …
Les poids lourds
La présence de trop nombreux poids lourds est souvent mentionnée.
Rappelons qu’une étude sur les particules fines réalisée par Airparif en septembre 2021 montrait un niveau de pollution sur la RN20 supérieur à celui enregistré sur le périphérique parisien, et parmi les caractéristiques de la RN20 évoquées figurait le nombre important de poids lourds et de véhicules utilitaires en comparaison des parcs observés à Paris boulevard Haussman et sur le boulevard périphérique . (voir détails ici)
Malheureusement, les données de trafic sur la RN20 ne sont plus accessibles. La carte de données de trafic routier présentée dans le dossier de consultation date de 2023, et le taux de poids lourds documenté est illisible.
Rappelons que dans le but de limiter ce trafic, nous soutenons l’action de l’association A10 gratuite qui réclame la gratuité sur la portion francilienne de l’A10, à l’identique de ce qui est pratiqué sur les autres autoroutes de la région.
Le Conseil départemental indique aussi que “Rationaliser le trafic des poids lourds” fait partie du plan d’action du PPARN20 :
2.25 Réduction du trafic de poids lourds sur la RN 20 (CD91)
2.26 Etude de circulation sur l’axe RN20 de la CCEJR (CD91)
2.27 Gestion des flux poids lourds dans le cadre des chantiers sous maîtrise d’ouvrage publique.(CD91/EPCI/Communes)
2.28 Sécurisation de la circulation liée au trafic des poids lourds (Etat)
2.29 Problématique de stationnement sauvage des poids lourds sur la RN20 (CD91/EPCI/Communes/IPR)
Les transports en commun
Plusieurs contribution ont évoqué le besoin d’un tramway .
Alors que la ligne 18 et le CDG express sont réalisés, que le T7 sera prolongé jusqu’à Viry Chatillon, pendant qu’on en est toujours au projets sur la RN20, après tout pourquoi pas ?
Les réponses apportées sont insuffisantes mais il est vrai que cela dépasse les compétences du seul département.
Quel projet de mobilité ?
Globalement les demandes d’amélioration opposent deux types de population : les personnes qui transitent en voiture, qui souhaitent un axe qui s’apparente à une autoroute 4 voies comme la RN20 à Longjumeau, et les riverains qui souhaitent plutôt un boulevard urbain du type du boulevard Mangenta à Paris, avec deux voies de circulation, une voie dédiée au bus, des pistes cyclables et de la végétalisation, voire un tramway plutôt qu’un bus.
Ce sont deux projets différents entre lesquelles il faudra choisir. Selon les chiffres de 2023 mentionnés dans le dossier, le trafic sur la portion de route concernée était en moyenne de 53677 véhicules/ jour au Sud de La Ville-du-Bois, et de 57 405 véhicules/ jour à la hauteur de Saulx-les Chartreux. Ce n’est pas compatible avec le boulevard urbain dont on nous parle depuis 2006.
Les projections 2025-2030 prévoient “une augmentation significative du trafic routier générant une aggravation des points durs” et “des aménagements sont nécessaires pour ne pas augmenter significativement les temps de parcours sur l’axe”, nous dit-on, sans analyse plus précise des déplacements en terme de motif, et de destination.
A noter qu’une aggravation importante des saturations est prévue au carrefour avec la rue des Cailleboudes !
Le projet ambitionne de développer l’utilisation de la marche et du vélo ainsi que les mobilités actives, et compte beaucoup (trop ?) sur le covoiturage.
Une enquête nationale sur le covoiturage réalisée en 2025 par l’ADEME rend compte des pratiques tant des covoiturages via plateforme qu’informels. Il ressort de cette enquête que les covoitureurs sur courte distance sont majoritairement des hommes (60% via plateformes, 54% pour le covoiturage informel), agés en moyenne de 41 ou 43 ans.
La répartition par catégorie socioprofessionnelle montre que le covoiturage via les plateformes est majoritairement pratiqué par les CSP+.
Une forte proportion d’inactifs pratiquent le covoiturage informel en tant que passager.
L’enquête montre aussi que le covoiturage ne conduit pas forcément à une réduction de l’usage de la voiture, car 46 à 50% des passagers covoitureurs utilisaient auparavant les transports en commun, le vélo ou la marche pour le même trajet.
En conclusion
Nous adhérons à l’objectif annoncé d’un boulevard urbain où les usagers pourront cohabiter en sécurité, et qui améliore le cadre de vie de riverains.
Nous sommes opposés à l’ajout de voies de circulation car cela ne fait qu’amplifier les congestions de trafic (voir cet article du blog de Bouygues construction) .
Un boulevard urbain n’est pas compatible avec une circulaiton de l’ordre de 50 000 véhicules/jour : il faut nécessairement un objectif de réduction de trafic.
Nous pensons qu’il faut améliorer l’offre de transport en commun et la rendre attractive, le covoiturage ne suffira pas à réduire le trafic automobile.
L’objectif n’est pas de faire circuler des véhicules, mais de répondre aux besoins de mobilité des personnes qu’il importe de mieux comprendre.





















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