Edito Août 2026 : les assises de l’eau en Essonne

Nous voici au dernier mois de cet été plutôt catastrophique entre canicules, sécheresse et incendies et dont les conséquences ne sont pas encore complètement connues.


Nous espérons que vous l’avez traversé au mieux et avez pu profiter de quelques moments de nécessaire répit.


Fin Juillet, est paru assez discrètement le compte-rendu des assises de l’eau de l’Essonne annoncées en décembre avec force publicité par notre département.

Avec un communiqué de presse sur le site du Conseil Départemental : Premières Assises de l’eau en Essonne : un territoire mobilisé face aux défis climatiques – Conseil départemental de l’Essonne

Et c’est l’Union des Maires de l’Essonne qui en a diffusé le compte-rendu fin Juillet :

(voir l’article sur le site de l’Union des Maires de l’Essonne Assises départementales de l’eau en Essonne – Synthese – Union des Maires de l’Essonne)

Depuis le 27 août 2026, on peut aussi accéder à cette synthèse sur le site du département de l’Essonne :
Eau – Conseil départemental de l’Essonne
(En revanche, il semble de que site www.essonne21.fr dédié aux actions de transition écologique du département de l’Essonne soit pour l’instant inaccessible)

Ce que nous avons retenu

Dans son exposé d’ouverture, Emma Haziza, hydrologue, expliquait l’impact du dérèglement climatique sur le cycle de l’eau, qui se trouve accéléré : évaporation, évapotranspiration, condensa­tion et précipitations s’intensifient.

C’est un phénomène que l’on perçoit depuis les années 90, et dont les effets se sont manifestés de façon marquante depuis les années 2000, avec notamment les évènements suivants :

  • En 2005, deux communes se sont trouvées simultanément sans alimentation en eau potable
  • En 2017, il y a eu en France 10 mois quasiment continus sans précipitations
  • En 2018, de fortes pluies et une inondation de la Seine

Si les sécheresses et les inondations ne sont pas nouvelles, leur fréquence et leur intensité vont augmenter.

Nous avons tous en tête les inondations qui ont dévasté Valence en Espagne en octobre 2024.
La cause des dégâts n’est pas uniquement le réchauffement climatique dont l’impact se chiffre à 12% de précipitations supplémentaires. C’est la conjonction de ces intenses précipitations avec les aménagements territoriaux amplifiant le ruissellement : rectification du cours des rivières, artificialisation des sols.

Le ruissellement est d’ailleurs présent partout, alors que les plans de prévention inondation sont essentiellement pensés autour des crues des rivières.

A noter aussi un impact supplémentaire des hausses de température : le point de rosée n’est plus atteint pendant de longues périodes, ce qui conduit les plantes à pomper plus d’eau souterraine, et accentue la baisse du niveau des nappes phréatiques et le risque de pénurie en eau.

 

Sans surprise, les solutions avancées tant par l’hydrologue qu’au cours des diverses tables rondes

  • Privilégier des stockages d’eau souterrains (ce qui peut aussi limiter le retrait-gonflement des argiles)
  • Limiter le ruissellement et permettre au maximum à l’eau de pluie de s’infiltrer dans le sol (désimperméabiliser, végétaliser, et. …)
  • Economiser l’eau le plus possible (réducteurs de débit de douche, des mousseurs dans les lavabos, des pavés dans les toilettes à généraliser)

Pour plus de détails, reportez-vous au document de synthèse en lien.  

Les plans d’action sur notre territoire

Sur notre territoire, la commission locale de l’eau Orge Yvette (CLE) est « l’instance de concertation et de décision du SAGE (Schéma d’Aménagement et Gestion des Eaux), agissant comme un « parlement de l’eau et des milieux aquatiques » à l’échelle du bassin-versant Orge-Yvette. La CLE permets d’élaborer, de suivre et de mettre en œuvre les actions du SAGE ».

Le SAGE Orge-Yvette a d’ailleurs été cité en exemple dans la synthèse des assises de l’eau.

Parmi les publications de la CLE Orge Yvette :

Un atlas des zones humides des communes de l’Essonne et des Yvelines du bassin Orge Yvette, dont La Ville-du-Bois :

Et divers documents , notamment d’aide à la cohérence avec les PLU.

Non cités explicitement dans la synthèse des assises de l’eau, des plans d’actions visant à améliorer la gestion de l’eau ont été approuvés au niveau de la communauté Paris-Saclay (CPS) et du département de l’Essonne.

Ainsi, a été approuvé en février 2026 le Plan Climat Air Energie 2025-2031 (PCAET) de l’agglomération Paris-Saclay; il comprend notamment les actions suivantes  (Axe : Aménager autrement pour améliorer la résilience
territoriale et la qualité de vie des habitants)

En avril 2024, un Schéma directeur de la biodiversité a été approuvé par la CPS qui comprend les actions suivantes :

Coté département, en avril 2023 a été adoptée une politique départementale de l’eau ( délibération, plan d’actions ), qui comprend les actions :

Et dans son bilan 2025, le Conseil départemental présentait des actions de désimperméabilisation de cour des collèges, ainsi que de parkings dans son bilan de développement durable. (voir retransmission de la seance publique du 15 décembre 2025 à partir de 41mn environ).

Ce ne sont pas les plans d’actions qui manquent. Il faut reconnaître que sur l’ensemble du territoire de l’agglomération ou du département des actions ont été menées.

Le Syndicat Intercommunal de l’Aménagement Hydraulique de la Vallée de l’Yvette (SIAHVY) et le Syndicat de l’Orge ont réalisé des aménagements des cours d’eau qui réduisent les risques d’inondation.

Le SIAVHY a notamment procédé  fin 2023 à  une restauration écologique au niveau du Rouillon et du ruisseau blanc, rivières sur le territoire Nord de La Ville-du-Bois, ce qui contribuera à limiter les inondations telle que celle subie en juin 2021 lors d’un épisode de forte précipitation 

En pratique à La Ville-du-Bois

Il y a beaucoup à faire sur le territoire de la commune, où l’artificialisation s’est multipliée au fil des années.

Rappelons que le centre commercial Carrefour est construit dans le lit du Rouillon, et que la zone des Graviers est construite dans celui du Mort-Ru. C’est visible en comparant les vues aériennes des années 1950-1965 à celles d’aujourd’hui (source cartes.gouv.fr )

Comme nous le montrions dans notre  Edito Juin-Juillet 2023 : urbanisation | Bien Vivre à la Ville du Bois de nombreuses constructions ont donné lieu à la destruction de zones boisées, notamment dans le secteur des Joncs marins.

De nombreuses haies ont aussi été remplacées par des murs. Les murs sont vraisemblablement érigés par besoin de protection (bruit, sentiment d’insécurité), ou parce que le temps manque pour entretenir une haie.

Les beaux plans d’actions sont certes nécessaires, mais il faudrait qu’ils dépassent le périmètre des administrations territoriales pour convaincre l’ensemble de la population de la nécessité de ralentir au maximum le cycle de l’eau si nous voulons conserver un environnement vivable.

Pour aller plus loin

D’autres exposés d’Emma Haziza : Conférences – Emma Haziza, émissions – Emma Haziza

Deux émissions de la Terre au carré sur France Inter  :
Sécheresse quand l’Europe boit la tasse
L’accaparemment de l’eau

Un épisode du podcast Chaleur Humaine : comment faire face aux inondations et aux sécheresses

le Plan d’Aménagement et de Gestion Durable Orge Yvette 2025

le règlement du SAGE Orge Yvette de 2025

le site de la CLE Orge Yvette 

la page consacrée à l’eau du Conseil départemental

Les fiches action de la politique départementale de l’eau approuvée en 2023

Le plan d’action du  Plan Climat-Air Energie 2025-2031 de la CPS 

Le schéma directeur de la biodiversité de la CPS 

 

Edito Juillet 2021

A La Ville-du-Bois

Nous nous étonnons de la construction de deux nouveaux bâtiments de commerces à coté du parking de Truffaut en bordure de RN20, alors que de nombreux magasins sont fermés dans le Centre Commercial Carrefour, étendu en 2006 de 22 000 m2 à 55 000 m2

surface végétalisée perdue (source www.geoportail.gouv.fr)

Ces nouvelles surfaces commerciales feront disparaître 4600 m2 de surface végétalisée pour 5400 m2 de surface commerciale.

Encore une artificialisation supplémentaire des sols, alors que pour lutter contre le réchauffement climatique les risques inondation et améliorer la qualité de l’air, il faudrait plutôt planter des arbres , à fortiori en bordure d’un axe routier à fort trafic tel que la RN20.

 

 

Concernant les inondations survenues sur la commune le 19 juin dernier, le phénomène n’est pas nouveau : 50 cm d’eau avaient été observés le 17 juin 1905 dans la Grande Rue.

D’importants travaux de réfection des canalisations ont pourtant été réalisés en 2017 et 2018.

 

A noter que la compétence de voirie est aujourd’hui assumée par la Communauté Paris-Saclay, alors que l’assainissement dépend à la fois du Syndicat de l’Orge et du Syndicat de l’Yvette, ce qui ne simplifie sans doute pas les processus de décision.

Comme dans beaucoup de communes en France, l’artificialisation des sols a été importante à la Ville-du-Bois. C’est une tendance très française. (Selon l’article du journal Alternatives Economiques intitulé “Peut-on arrêter de bétonner la France ?” paru en avril 2021, “La France bétonne plus que ses voisins, avec 47 km² artificialisés pour 100 000 habitants, contre 41 en Allemagne, 30 au Royaume-Uni et en Espagne, ou 26 en Italie” , parmi les causes une plus faible valeur des terres agricoles, ainsi que la difficultés pour les élus locaux à résister à l’attrait financier vanté par les promoteurs de surfaces commerciales)

Après les infrastructures routières, les centres commerciaux sont les surfaces induisant le plus d’artificialisation.

C’est aussi vrai pour La Ville-du-Bois. Une comparaison des vues aériennes de 1950 et 2018 (voir site ign en lien) montre que le rond point de Carrefour et la RN20 au niveau du pont vers Ballainvilliers sont dans l’ancien lit du Rouillon, rivière qui borde le Nord de notre commune.

De même la ZAC des Graviers est sur l’ancien lit du Mort-Ru .

L’obligation de construire des logements sociaux (nécessaires dans un pays où la population augmente, où le nombre de personnes par logement baisse, et où le mal logement touche 4 millions de personnes) conduit aussi à du bétonnage.

Dans le cadre du plan biodiversité établi par le gouvernement en Juillet 2018, les préfets ont reçu pour consigne de “faire preuve de la plus grande vigilance dans la conduite des procédures d’autorisation des exploitations commerciales au sein des commissions départementales d’aménagement commercial” (voir circulaire du 24/08/2020)

Consigne sans doute trop tardive concernant la nouvelle zone commerciale en construction près de Truffaut. 

Vu sur la toile

 – La loi climat a été définitivement adoptée le 20 Juillet, voir l’article du journal Le Monde qui y est consacré

 – Une vidéo sur l’impact du réchauffement climatique 

 – Un article de Sciences et Avenir sur le coût social du bruit ,
“le bruit constitue, d’après l’OMS, le deuxième facteur environnemental provoquant le plus de dommages sanitaires en Europe, juste derrière la pollution de l’air, responsable par exemple de 40.000 décès prématurés par an en France”

 – Un communiqué de l’UFCNA (Union Française Contre les Nuisances des Aéroports) : 18 associations saisissent le Conseil d’Etat pour l’application du règlement UE 598/2014, entré en application en 2016 qui impose aux Etats de l’UE des études d’impact pour chacun des aéroports où sont opérés plus de 50 000 mouvements d’aéronefs de plus de 34 tonnes par an, dès lors qu’un problème de bruit a été identifié, ou qu’une nouvelle restriction d’exploitation est envisagée. Cette étude permet de retenir plusieurs mesures ou combinaisons de mesures pour réduire le bruit autour des aéroports.

 – Un article de Reporterre intitulé “Face aux inondations, l’urgence de repenser l’aménagement du territoire

 – Une information sur les modifications des trajectoire des avions opérant sur l’aéroport d’Orly en raison de travaux prévus du 9 au 13 août. (voir sur le site Entre voisins du groupe ADP)